Newsletter #13 du 18 mars 2022

Lectures de printemps ...

NOTRE CLUB DE LECTURE D'AVRIL

Retrouvons-nous samedi 23 avril à 10 heures, à la Chapelle de l'Observance, 6 place de l'Observance. Nous échangerons autour du roman de Romain Gary La promesse de l'aube. Nous vous attendons nombreux pour cette discussion, comme une introduction à notre édition 4 d'EntreLivres de mai prochain ...

La promee de l aube

Paru en 1960, ce récit coïncide sur bien des points avec ce que l'on sait de l'auteur des Racines du ciel, et Romain Gary s'est expliqué là-dessus : «Ce livre est d'inspiration autobiographique, mais ce n'est pas une autobiographie. Mon métier d'orfèvre, mon souci de l'art s'est à chaque instant glissé entre l'événement et son expression littéraire, entre la réalité et l'œuvre qui s'en réclamait. Sous la plume, sous le pinceau, sous le burin, toute vérité se réduit seulement à une vérité artistique.»
Le narrateur raconte son enfance en Russie, en Pologne puis à Nice, le luxe et la pauvreté qu'il a connus tour à tour, son dur apprentissage d'aviateur, ses aventures de guerre en France, en Angleterre, en Éthiopie, en Syrie, en Afrique Équatoriale, il nous raconte surtout le grand amour que fut sa vie. Cette «promesse de l'aube» que l'auteur a choisie pour titre est une promesse dans les deux sens du mot : promesse que fait la vie au narrateur à travers une mère passionnée ; promesse qu'il fait tacitement à cette mère d'accomplir tout ce qu'elle attend de lui dans l'ordre de l'héroïsme et de la réalisation de lui-même.
Le caractère de cette Russe chimérique, idéaliste, éprise de la France, mélange pittoresque de courage et d'étourderie, d'énergie indomptable et de légèreté, de sens des affaires et de crédulité, prend un relief extraordinaire. La suprême preuve d'amour qu'elle donne à son fils est à la hauteur de son cœur démesuré.
Mais les enfants élevés par ces mères trop ferventes restent toujours, dit l'auteur, «frileux» de cœur et d'âme, et chargés d'une dette écrasante qu'ils se sentent incapables d'acquitter.
Rarement la piété filiale s'est exprimée avec plus de tendresse, de sensibilité, et cependant avec plus de clairvoyance et d'humour. Et rarement un homme a lutté avec plus d'acharnement pour démontrer «l'honorabilité du monde», pour «tendre la main vers le voile qui obscurcissait l'univers et découvrir soudain un visage de sagesse et de pitié». (Source : site des éditions Gallimard)

 

LA NUIT DE LA LECTURE, en partenariat avec le Centre National du Livre, l'Usine de la Redonne et Le café inventé

Cette soirée, organisée sous l’égide du Centre National du Livre, était initialement prévue le 22 janvier dernier mais a dû être annulée en raison de la reprise épidémique liée au Covid19. C’est avec joie que nous la reprogrammons ce samedi 2 avril au café inventé, rue de Trans à Draguignan.

Le principe de cette soirée est de permettre à qui le souhaite de lire un extrait d’un livre de son choix,  d’en discuter si besoin ou désir, sans contrainte, ou encore tout simplement d’écouter. La soirée se terminera quand il n’y aura plus rien à lire ou dire.

L’entrée est libre. Le bar sera assuré par Le café inventé. EntreLivres et l’Usine de la Redonne offriront une soupe maison à celles et ceux qui en voudront.

Venez nombreux partager la joie de la lecture dans ce lieu convivial et ouvert.

 

ENTRELIVRES SAISON 4 les 13, 14 et 15 mai à Draguignan : la suite du programme !

Les rencontres EntreLivres saison 4 se tiendront le 14 mai au Théâtre de l'Esplanade, mais cette nouvelle édition pluridisciplinaire s'ouvrira le 13 mai à l'Auditorium du Pôle culturel Chabran par un concert graphique, Amours dessinées.

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Cette création réunit la musique sensible de Baltazar Montanaro et le coup de pinceau onirique de Benjamin Flao. Outre sa forme hybride, de par les disciplines artistiques auxquelles cette création fait appel, AMOURS DESSINEES a une autre particularité, celle d'être sans parole, sans mot. A la manière d’Un océan d’amour, une bande dessinée par Wilfried Lupano, et qui a connu un beau succès, tant du côté des publics que des médias, Baltazar et Benjamin vont créer un univers qui leur est propre. Des histoires réelles ou inventées, prenant leur source dans des événements historiques contemporains, des gens et des pays, et racontant les frontières, l’exil, le partage, et bien-sûr l’amour ! Une traversée à taille humaine, qui rappelle dans ces temps troublés, à quel point l’Homme doit être éclairé s’il veut être capable du meilleur. C’est au détour d’un hasard de la vie en 2018, dans un petit village aux environs de Lyon, que Baltazar et Benjamin se rencontrent. Entre les deux hommes naît une complicité évidente, qui leur fait rapidement prendre conscience des valeurs et des préoccupations communes qu’ils partagent. A partir de AMOURS, cet “instantané du monde” composé par Baltazar, ils décident de joindre leur geste artistique, sans frontière aucune.

 

SAMEDI 14 MAI vous rencontrerez deux autrices :

- à 10 heures, Violaine BEROT pour son dernier roman, Comme des bêtes,  éditions Buchet-Chastel, 2021

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La montagne. Un village isolé. Dans les parois rocheuses qui le surplombent, se trouve une grotte appelée "la grotte aux fées". On dit que, jadis, les fées y cachaient les bébés qu'elles volaient. A l'écart des autres habitations, Mariette et son fils ont construit leur vie, il y a des années. Ce fils, étonnante force de la nature, n'a jamais prononcé un seul mot. S'il éprouve une peur viscérale des hommes, il possède un véritable don avec les bêtes. En marge du village, chacun mène sa vie librement jusqu'au jour où, au cours d'une randonnée dans ce pays perdu, un touriste découvre une petite fille nue. Cette rencontre va bouleverser la vie de tous...

Violaine Bérot, dans ce nouveau roman à l'écriture poétique, décrit une autre vie possible, loin des dérives toujours plus hygiénistes et sécuritaires de notre société. Un retour à la nature qu'elle-même expérimente depuis vingt ans dans la montagne pyrénéenne. (source : éditions Buchet-Chastel)

Comme elle l’avait fait dans Léo et Lola (Denoël, 1996), dans Tout pour Titou (Zulma, 1999), dans Tombée des nues (Buchet-Chastel, 2018), Violaine Bérot a écrit un roman à plusieurs voix, à répons, un roman choral. Il débute alors que l’Ours a été capturé – encagé –, que la fillette a été « mise en sûreté ». Et que commence l’enquête. Qui donc est cette enfant sans identité et qui est aussi muette que son effrayant protecteur ? Pourrait-elle être sa fille ? Sinon, qui sont ses parents ? A-t-elle été enlevée ? Les témoins se succèdent à la gendarmerie. De rares voisins, des chasseurs, des promeneurs, le facteur, l’ancienne institutrice. On s’aperçoit vite que celui que les autorités cherchent à accabler est plus pitoyable qu’inquiétant. L’un dira : « De lui, je garde cette double image : une puissance terrifiante, une douceur exceptionnelle. » Un autre racontera que les animaux l’approchent sans crainte, et qu’il possède le don de les soigner. « Vous ne pouvez pas comprendre. »

Le monde est devenu obtus. Envahi de soupçons, de mensonges. Barricadé de normes, d’idées reçues. Malheur à ceux qui ne sont pas conformes. Violaine Bérot est en colère. Une colère enragée et lyrique qui emporte son roman. Qui s’attaque à la bien-pensance, au malheur fait aux hommes, aux innocents, aux bêtes. Elle est ici dans ses paysages, au cœur de son engagement. Celui de sa propre existence. Elle n’a pas 30 ans en effet lorsqu’elle renonce d’un coup à la vie bien rangée pour se lancer dans l’élevage, les chèvres, les chevaux, au flanc de ses Pyrénées. Monter plus haut ensuite, dans la montagne, plus souvent seule, mais plus libre. Toujours maintenant. Dans son texte bouillonnant revient en ritournelle la voix des fées. Celles de la vieille légende et des enfants perdus que tout cet étrange drame a comme réveillées. (Xavier Houssin, site internet du Monde, 16 avril 2021)

- à 14h30, Ondine MILLOT pour son récit Le candidat idéal, éditions Stock, 2021

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Jeudi 29 octobre 2015, 9h15, tribunal de Melun. L’avocat Joseph Scipilliti tire à bout portant trois balles sur son collègue le bâtonnier Henrique Vannier. Voyant arriver la balle qui doit l’achever, celui-ci demande : « Épargne mon visage, pour mes enfants, pour qu'ils puissent me dire au revoir. » Joseph Scipilliti suspend son geste, et retourne l’arme contre lui.
Les médias annoncent immédiatement que les deux hommes sont morts. Anne, la femme d’Henrique Vannier, s’est précipitée sur place, elle accompagne l’ambulance. Pour que leurs proches la croient, elle en vient à jurer que son mari est vivant.
Hasard – ou pas ?  –, Ondine Millot, alors journaliste à  Libération, se trouve dans ce même tribunal. Elle résiste aux injonctions du commentaire en direct, pour comprendre les raisons du crime.
Comprendre surtout la rencontre de destins étrangement symétriques : deux hommes, nés de familles franco-italiennes modestes, grandissant dans une forme d'adversité, qui à force de volonté, deviennent avocats. Pour tous deux, le monde était une conquête. Pour Joseph Scipilliti, il est devenu une guerre à mener seul contre tous. Pourquoi a-t-il basculé de l’univers de la justice au sentiment d’injustice universel ? Pourquoi a-t-il vu en Henrique Vannier, selon ses mots, « le candidat idéal » ?
Ondine Millot nous plonge dans une France pleine d’espoirs et de malentendus, où la famille croise la route de la liberté individuelle, où le courage se heurte à l’obsession, où ce qui semble un fait divers prend l’ampleur symbolique d’une tragédie. Un hymne à la survie.
Une enquête menée d’une écriture virtuose. Une révélation littéraire. (source : site des éditions Stock)

Et pour finir cette journée en beauté, nous vous proposons aussi, SAMEDI 14 MAI à 20 heures, sur la scène du Théâtre de l'Esplanade, une pièce de théâtre : LA PROMESSE DE L'AUBE, d'après le roman de Romain Gary, mise en scène de Stéphane Laporte et Dominique Scheer, adaptation et jeu Franck Desmedt.

(entrée 10€ ou 8€ pour les adhérents Entrelivres et Entretoiles - Gratuit pour les -18 ans. Réservation conseillée par courriel entrelivres@orange.fr)

 

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Quel acteur que Franck Desmedt ! Qu’il interprète les bons ou les méchants, le même éclat zèbre son œil ironique, le même pétillement d’esprit. Il prouve une fois encore sa virtuosité en incarnant à lui seul Romain Gary et sa terrible mère dans cette Promesse de l’aube que le romancier a tirée de sa jeunesse, de ses détresses et de ses premières réussites. Sanglé dans un élégant costume trois-pièces, sur un plateau qui évoque joliment les ombres et fantômes de la sainte Russie, il tisse entre la mère et le fils une relation passionnelle et folle. Vénération et reproche, dévouement et emprise, obéissance et trahison, le comédien passe d’une identité à l’autre, figurant les délires maternels sans jamais les caricaturer. Il nous conduit avec une sensibilité extrême dans les abîmes et vertiges d’un amour absolu, irremplaçable. Fascinant et trouble voyage qui ne peut que bouleverser. (Fabienne Pascaud, Télérama)

DIMANCHE 15 MAI, soirée cinéma au CGR, en partenariat avec Entretoiles

- à 18 heures, OUISTREHAM d'Emmanuel Carrère, d'après le récit de Florence Aubenas, Le quai de Ouistreham

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Synopsis : Marianne Winckler, écrivaine reconnue, entreprend un livre sur le travail précaire. Elle s’installe près de Caen et, sans révéler son identité, rejoint une équipe de femmes de ménage. Confrontée à la fragilité économique et à l’invisibilité sociale, elle découvre aussi l’entraide et la solidarité qui unissent ces travailleuses de l’ombre.

Avec une générosité à la Ken Loach, Emmanuel Carrère s’empare de questions sociales pour y puiser des expériences humaines, et non pas la matière d’un tract politique. Se projeter dans l’Autre, c’est une forme d’engagement utile, éclairant. C’est une manière unique de comprendre la société, ses fractures. Le projet de l’écrivaine que joue Binoche, comme celui de la journaliste Florence Aubenas, porte ses fruits. Pourtant, Ouistreham accueille aussi l’incertitude, l’inquiétude même : à force de se confondre avec les autres, la vraie-fausse femme de ménage Marianne met en jeu tout ce qu’elle est, ses sentiments profonds. Plus sa sincérité est grande, plus la révélation de son mensonge devient une menace, un risque de trahison…

En faisant surgir la peur de l’imposture, le réalisateur s’engage lui aussi, avec ses obsessions personnelles. Et il introduit peu à peu un questionnement très honnête sur la possibilité de jeter vraiment des ponts entre des vies différentes. Sur le ferry, le passage entre France et Grande-Bretagne se fait de nuit, comme en eaux troubles. Comme si rallier l’Autre était aussi incertain que d’atteindre l’autre rive. Jusque dans sa distribution qui réunit une star et des non-professionnels emmenés par la percutante Hélène Lambert, l’interprète de Christelle, Ouistreham est une magnifique interrogation sur ce qu’est le partage aujourd’hui. (Frédéric Strauss, Télérama)

- à 19h45, conversation et débat avec Ondine Millot, journaliste à Libération, chroniqueuse judiciaire, écrivaine, autrice du récit Le Candidat Idéal, éd. Stock. Elle abordera avec vous la question du rapport aux sources du journaliste-écrivain, le statut de victime et sa revendication, qui ont pris une dimension publique mais restent pourtant éminemment subjectifs et personnels. Apéritif offert aux spectateurs par Entretoiles.

- à 20h30 LES CHOSES HUMAINES, film d'Yvan Attal, d’après le roman de Karine Tuil.

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Synopsis : à l'aube de son retour aux Etats-Unis où il réside, Alexandre est stupéfait de découvrir la police débarquer chez lui pour une perquisition. Il ne tarde pas à saisir la raison de cette venue une fois placé en garde à vue. Sa belle-soeur, fille du compagnon de sa propre mère, l'accuse de viol. Alors que le jeune homme nie catégoriquement les faits, évoquant une relation consentie, cette dernière maintient ses accusations en livrant une multitude de détails sordides. Submergés par les doutes, les parents ignorent comment réagir face à cette situation qui, peu importe l'issue, réserve des conséquences dramatiques pour leurs enfants...

Les Choses humaines suit, pas à pas, le parcours inévitablement tortueux de la justice, démarche revendiquée par la structure en trois parties du film : le point de vue du garçon accusé de viol ; celui de la jeune fille qui en est la victime ; et enfin, trente-six mois plus tard, le procès qui s’ensuit. « J’ai parlé à plusieurs femmes qui ont été violées ou harcelées, se souvient Yvan Attal. Certaines avaient peur d’aller en justice, et malgré ces difficultés, je considère qu’il n’y a pas d’autre choix que, justement, aller en justice. Ça va de soi, ces affaires ne peuvent se régler qu’au tribunal, certainement pas dans la rue ou sur les réseaux sociaux. »

Pour son film, le réalisateur s’est efforcé de retracer les itinéraires de ces deux protagonistes plus tard confrontés au tribunal, parcours indispensable pour un film s’inscrivant dans le gris, où, pour reprendre le mot de sa coscénariste Yaël Langmann, « il était fondamental de montrer que ce jeune Alexandre, en disant qu’il n’avait pas violé cette jeune fille, ne mentait pas, et que cette jeune fille, en disant qu’elle avait été violée, ne mentait pas. Nous devions observer le devoir élémentaire d’écouter les deux parties. » Une complexité de jugement et de point de vue abordée dans deux films sortis récemment et traitant cette question du viol : Le Dernier Duel, de Ridley Scott, et Tre piani, de Nanni Moretti. (Samuel Blumenfeld, Le Monde, novembre 2021)

UN CONSEIL DE LECTURE ...

Andreï Kourkov est né en Russie, à Boudougochtch, près de Leningrad le 23 avril 1961. Ecrivain ukrainien de langue russe, il vit aujourd'hui entre Kiev et Londres. Chanteur, compositeur, journaliste, collectionneur de vinyls, c’est par sa passion pour les cactus et leurs noms latins qu’il a pris le goût des langues : il en parle neuf, dont le français et le japonais… Enrôlé en tant que gardien de prison à Odessa durant son service militaire, il en profite pour écrire des contes pour enfants. Il est ensuite cameraman, puis scénariste.

Son premier roman paraît à Kiev en 1991, deux semaines avant la chute du communisme. En 1993, Le Monde de Bickford est nominé à Moscou pour le Booker Prize russe et l'année suivante La Chanson préférée d'un cosmopolite gagne le prix de la compétition Heinrich Böll. Mais c’est avec Le Pingouin , paru en France en 2000 et traduit dans le monde entier, qu’il connaît enfin le succès. Comme Gogol, lui aussi écrivain russe ukrainien, il écrit des fables politiques dans lesquelles il mêle fantastique, absurde et humour pour décrire les sociétés post-soviétiques. 

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Le Pingouin, 1996, Editions POINTS

Il est difficile de nourrir un écrivain et son pingouin à Kiev en 1996, sauf quand arrivent soudain "Les petites croix" de personnalités à préparer ...

 

 

 

 

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Le dernier amour du président, 1995, Editions POINTS

 

En 2015 Serguei BOUNINE devient président presque par hasard. Terré dans son bunker doré, il se remémore ses années de jeunesse en période soviétique.

 

 

 

 

 

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